Qu'est-ce que le capitalisme de survie ?
Le Capitalisme de Survie n'est pas qu'un simple terme académique ; c'est le système invisible qui régit notre quotidien. Il ne s'agit plus de l'accumulation de capital, mais de la gestion constante de la pénurie – qu'elle soit financière, temporelle ou énergétique.
Dans cette nouvelle ère de la précarité moderne, chaque individu est sommé d'être une micro-entreprise de lui-même, même et surtout quand il n'a pas d'emploi stable. La survie n'est plus biologique, elle est psychologique et numérique : c'est l'obligation d'être toujours disponible, toujours en performance, et constamment en quête d'une optimisation qui n'arrive jamais.
Nos analyses sur la société de performance
Cette page regroupe l'ensemble de nos chroniques et articles qui décortiquent les rouages du capitalisme de survie. Nous explorons comment ce système se manifeste dans les recoins les plus absurdes de la vie moderne :
Le monde du travail désincarné : Des open spaces transformés en zones à risques psychiatriques (pourquoi l'épuisement est-il synonyme de valeur ?).
L'épuisement sans labeur : La surcharge mentale et le fameux burnout sans emploi qui frappe ceux qui sont exténués par l'hyper-choix et l'anxiété numérique.
La consommation culpabilisante : L'hypocrisie de la surconsommation où les objets de luxe (comme les baskets à 900 €) sont livrés avec un sentiment de culpabilité, prouvant que même le plaisir est désormais une transaction moralement chargée.
L'hyperconnectivité comme aliénation : Comment les algorithmes et l'instantanéité de TikTok nous volent le temps de cerveau disponible, transformant notre capacité à réfléchir en un simple réflexe de scroll.
Capitalisme de survie et critique sociale
Nous adoptons ici une critique sociale acerbe et souvent satirique. Le Capitalisme de Survie est la toile de fond de l'absurdité contemporaine, où l'on est poussé à l'individualisme forcené tout en prétendant aimer la "synergie" et le "travail d'équipe".
Explorez les articles ci-dessous pour comprendre, et peut-être survivre, à cette réalité où l'on est fatigué d'être constamment en attente de la prochaine disruption qui ne fera qu'aggraver notre anxiété.
Quand la technologie se met à genoux devant le dieu dollar
La technologie n’est plus seulement ce laboratoire magique de promesses futuristes. Elle a troqué ses lunettes de visionnaires pour un costume taillé sur mesure par Wall Street et Shenzhen. Aujourd’hui, le mantra n’est plus « changer le monde » mais « maximiser la valeur pour l’actionnaire ». Une mutation que l’on observe à presque tous les étages de la tech moderne : des géants du logiciel aux start-ups de la data, en passant par les plateformes sociales qui digèrent nos vies comme on digère une pub programmatique.
Au lieu de rêver l’avenir, la technologie semble s’être contentée d’optimiser l’aujourd’hui. Et cet aujourd’hui, c’est le royaume du dollar.
Les géants qui dictent l’agenda
On pourrait croire que l’innovation est une quête désintéressée de progrès. La réalité est plus triviale : elle obéit à des logiques de rendement, de capitalisation boursière et de monétisation agressive. Dans ce paysage, les valeurs d’usage finissent souvent écrasées par les valeurs financières.
Mon patron est une IA : chronique d’un management sans visage
Et si le vrai power move du capitalisme moderne n’était plus le costard mal taillé du manager, mais une suite d’algorithmes qui ne dort jamais ? Dans de plus en plus d’entreprises, le supérieur hiérarchique n’a plus de bureau, plus de voix, parfois même plus de nom. Il s’appelle logiciel, plateforme, outil d’optimisation. Mon patron est une IA, et je ne sais même pas s’il me déteste.
Pendant longtemps, le patron avait un visage, une poignée de tics nerveux et une capacité variable à comprendre Excel. Aujourd’hui, il est remplacé – ou du moins épaulé – par une intelligence artificielle qui distribue les tâches, évalue la performance et décide parfois de qui mérite de rester.
Le dernier bastion de la créativité : comment faire semblant de bosser sans vraiment bosser
Il fut un temps où la créativité s’exprimait dans des ateliers enfumés, des chambres de bonne mal chauffées ou des open spaces bricolés à la va-vite. Aujourd’hui, elle a trouvé refuge ailleurs. Plus discret, plus subversif. Son dernier bastion ne se situe ni dans une start-up à Station F ni dans un tiers-lieu sponsorisé par une banque. Il se cache dans l’art délicat de faire semblant de bosser sans vraiment bosser.
À l’ère du travail mesuré, tracé, quantifié, cette forme de résistance passive ressemble presque à une performance artistique. Une chorégraphie invisible faite de clics inutiles, d’onglets ouverts et de regards concentrés sur le vide.
Le burnout sans job est la nouvelle maladie du siècle.
On est samedi, 11h. Vous êtes dans le canapé, le smartphone à la main, un onglet de recrutement ouvert, trois onglets de news, et la notification YouTube qui clignote. Votre corps crie au secours, votre tête est lourde, et pourtant, votre journée de travail n'a pas vraiment commencé.
Félicitations : vous avez un Burnout sans Job.
La fatigue de l'instantanéité, ou l'énergie dépensée pour ne rien faire
Ce n'est plus l'usine, le reporting chiant ou le N+1 sociopathe qui nous épuisent. C'est le vide hyperactif. L'épuisement est devenu le nouveau marqueur social de la réussite. Sauf que maintenant, l'épuisement frappe même ceux qui n'ont rien à montrer sur leur CV depuis six mois.
Analysons, avec l'élégance d'un stagiaire en philo sous Prozac, les causes de ce paradoxe toxique.
Les open-spaces classés zones à risques psychiatriques
Aujourd’hui, l’open-space est officiellement classé zone à risques psychiatriques. Et à juste titre. Parce qu’il n’y a rien de plus toxique qu’une salle de réunion déguisée en salle de torture, où la productivité s’achète au prix d’un épuisement nerveux, de crises d'angoisse et d’un stress chronique qui ne cesse d'augmenter. Alors, à quand un plan de lutte contre l’open-space ? Une déclaration d’urgence sanitaire ? Peut-être bien.
L’open-space : entre surstimulation et burnout
Commençons par un fait. Une étude menée par le National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH) a montré que les travailleurs en open-space sont plus susceptibles de souffrir de troubles psychologiques, notamment de dépression, d'anxiété et de troubles du sommeil. Et oui, il semblerait que les « bureaux ouverts » ne soient pas aussi « ouverts » qu’ils en ont l’air.
L'ère du micro-entrepreneur
Le réveil sonne. Premier réflexe : checker les mails. Deuxième réflexe : checker Malt, Fiverr, Upwork. Troisième : checker Vinted pour voir si cette vieille sape a enfin trouvé preneur. Bienvenue en 2025, l’âge d’or du capitalisme de survie. Une époque formidable où l’on n’a plus un seul job, mais une mosaïque de micro-tâches rémunérées qui, mises bout à bout, permettent de payer le loyer. Peut-être. Si les astres et l’URSSAF sont alignés.
Oubliez le CDI, ce graal boomer que vos parents brandissent encore comme un trophée. Aujourd'hui, on est tous devenus des "slashers". Graphiste / livreur Deliveroo / vendeur de NFT / DJ le week-end. On ne parle plus de carrière, mais de "flux de revenus".