Ah, la neige. Ce truc blanc et poétique qui fait rêver les cartes postales de Noël, mais qui, en réalité, transforme la France en un grand parking à ciel ouvert dès les premiers flocons. Janvier 2026, et voilà que l'hiver nous refait le coup classique : un épisode neigeux qui commence timidement le 5 janvier et s'étire jusqu'au 8, avec des vigilances orange à foison, des bouchons records en Île-de-France – plus de 1000 km cumulés certains jours – et une nation qui semble toujours prise au dépourvu.
"cette année, on sera prêts"
On avait pourtant été prévenus. Météo-France place 26 départements en orange dès le lundi, puis ça grimpe à 38 le mercredi. Neige, verglas, pluies verglaçantes : le cocktail habituel qui rend les routes impraticables, interrompt les bus RATP, annule des vols à Roissy et Orly, et suspend les transports scolaires partout où ça glisse. En Normandie et en Bretagne, les côtes se blanchissent, en Île-de-France c'est le chaos absolu avec des pics historiques d'embouteillages. Et pendant ce temps, les saleuses tournent, les préfets activent les plans neige-verglas, mais rien n'y fait : la paralysie est totale.
Ce qui frappe, c'est cette récurrence absurde. À chaque fois, on se dit "cette année, on sera prêts". Équipements hivernaux obligatoires dans certaines régions, stocks de sel augmentés, appels à limiter les déplacements... Et pourtant, quelques centimètres suffisent à tout bloquer. Parce que, soyons honnêtes, la France n'est pas le Québec : ici, la neige reste l'exception qui confirme notre impréparation chronique. Les automobilistes sortent sans pneus adaptés, les infrastructures craquent, et l'économie en prend un coup – des centaines de millions perdus par jour de pagaille.
Le 7 janvier, nouveau round avec des cumuls locaux jusqu'à 10-15 cm, des accidents mortels, et même SOS Médecins qui galère à passer. Puis arrive la tempête Goretti le 8, avec vents violents pour chasser le blanc, mais en laissant derrière elle un pays groggy. Comme si l'hiver nous rappelait, avec un sourire sadique, qu'on n'est jamais vraiment maîtres chez nous.
Au final, ce retour de la neige n'est pas qu'une affaire de météo. C'est un miroir de nos failles collectives : une société hyperconnectée, pressée, qui s'effondre dès que la nature sort de son rôle décoratif. Poétique, non ? En attendant le prochain épisode, on range les chaînes et on croise les doigts pour que ça fonde vite. Parce que, franchement, on commence à en avoir plein les bottes.