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Satire

Janvier 2026 est derrière nous, et l’envie collective de rembobiner la bande-son est presque palpable. Entre les factures qui gonflent discrètement, les concessions automobiles qui ressemblent à des cimetières de promesses et les gros titres qui empilent les fractures mondiales, le mois a laissé un arrière-goût de régurgitation. On sort du Nouvel An avec la gueule de bois habituelle, mais cette fois la gueule de bois semble durable. On se surprend à murmurer « 2025 n’était pas si mal » en rangeant les décorations.

Janvier 2026 s'achève

« 2025 n’était pas si mal »

Un janvier qui patine déjà

La rentrée économique a pris des airs de mauvais film d’anticipation. Les ventes de voitures neuves se sont effondrées à des niveaux pas vus depuis quinze ans, comme si les Français avaient soudain décidé que rouler en 2026 relevait du masochisme. Pendant ce temps, la hausse des taxes sur les énergies, dissimulée sous le prétexte de la baisse des cours mondiaux, ajoute cinq centimes par litre à l’essence et au diesel. On appelle ça « certificats d’économies d’énergie ». On devrait plutôt parler de certificats de ras-le-bol. Le pouvoir d’achat, déjà fragile, prend un nouveau coup de canif sans que personne ne crie vraiment au scandale. C’est discret, presque poli, et c’est exactement ce qui rend la chose insupportable.

Les fractures du monde s’élargissent

À l’échelle planétaire, l’ordre ancien continue de se fissurer sans bruit d’alarme strident. Les tensions géopolitiques s’accumulent : capture de Maduro au Venezuela, décrets signés à la va-vite par une administration américaine qui semble pressée de marquer son territoire, répressions qui s’intensifient ailleurs sans que l’on voie poindre une réponse collective cohérente. On parle d’ingérences, de gazoducs, de lignes de fracture qui se creusent un peu plus chaque semaine. Le bilan de janvier 2026 n’est pas seulement économique ; il est aussi celui d’un monde qui accélère dans le mauvais sens et qui refuse de regarder le compteur. On sent monter une fatigue globale, une envie diffuse de reculer plutôt que d’avancer.

La nostalgie comme réflexe de survie

Et nous, au milieu de tout ça ? On regarde en arrière par réflexe. Pas forcément vers une époque mythique, mais simplement vers le mois d’avant, vers l’année d’avant, vers le moment où les choses semblaient un peu moins lourdes. La nostalgie n’est plus un luxe ; elle devient un mécanisme de défense. On relit de vieux messages, on réécoute des playlists de 2025, on se dit que janvier prochain sera peut-être différent – mais au fond, on sait que le cycle recommence. Ce sentiment de vouloir revenir en arrière n’est pas seulement personnel. Il est social, presque politique. Il dit que le présent nous échappe et que le futur, tel qu’il se dessine, n’inspire pas confiance.

Et maintenant ?

Janvier 2026 s’achève sur ce constat amer : on n’a pas envie d’avancer. Pas tout de suite. On préfère encore traîner dans les décombres de ce qui vient de se terminer, même si c’était déjà bancal. Peut-être que février apportera un sursaut, une éclaircie, une raison de regarder devant. Ou peut-être pas. En attendant, on garde la main sur le bouton rewind, même si on sait qu’il ne fonctionne plus.

Pour aller plus loin sur les fractures économiques et géopolitiques qui traversent ce début d’année, je vous propose cet article du Monde diplomatique qui décortique les ingérences et les désordres mondiaux avec la précision habituelle : L’Iran dans la tourmente.