Quand nos pensées deviennent du capital
“Il ne s’agit plus de penser, mais d’être pensé.” Voilà peut-être la meilleure façon de résumer ce que certains sociologues appellent aujourd’hui l’assujettissement cognitif. Plus qu’un simple slogan marketing, cette expression — qui résonne comme un avertissement — illustre une vérité dérangeante : dans l’économie numérique, votre attention est devenue une matière première jetable, constamment extraite, raffinée et revendendue par des plateformes qui flairent l’or.
L’ère du « tout de suite ou crève »
On vit dans un monde qui a remplacé le café-clope par le shoot de notifications dès 7h du mat’. Entre deux scrolls compulsifs sur TikTok et une livraison Uber Eats en 12 minutes, une question se pose : est-ce qu’on a encore assez de neurones disponibles pour aligner trois pensées cohérentes ? Spoiler : ça sent le sapin pour notre matière grise.
Le burnout sans job est la nouvelle maladie du siècle.
On est samedi, 11h. Vous êtes dans le canapé, le smartphone à la main, un onglet de recrutement ouvert, trois onglets de news, et la notification YouTube qui clignote. Votre corps crie au secours, votre tête est lourde, et pourtant, votre journée de travail n'a pas vraiment commencé.
Félicitations : vous avez un Burnout sans Job.
Les open-spaces classés zones à risques psychiatriques
Aujourd’hui, l’open-space est officiellement classé zone à risques psychiatriques. Et à juste titre. Parce qu’il n’y a rien de plus toxique qu’une salle de réunion déguisée en salle de torture, où la productivité s’achète au prix d’un épuisement nerveux, de crises d'angoisse et d’un stress chronique qui ne cesse d'augmenter. Alors, à quand un plan de lutte contre l’open-space ? Une déclaration d’urgence sanitaire ? Peut-être bien.
TikTok crée la première génération incapable de regarder un film en entier
La scène est familière : une soirée cinéma, une boîte de pop-corn, et… une génération entière qui, en moins de 30 minutes, se retrouve à scroller frénétiquement sur TikTok à la recherche de nouveaux contenus. La promesse de l’immersion cinématographique se heurte violemment à l’infini défilement de vidéos de 15 secondes.
Un Français sur deux prétend aimer la nature… mais panique dès qu’il voit un insecte
Selon une étude récente de source plus que fiable, un Français sur deux se revendique amoureux de la nature, mais il n’a jamais vraiment eu l’intention d’y côtoyer les « petites bestioles » à six pattes. Quand on parle d'araignée, de guêpe ou de fourmi, tout cet amour pour les arbres, les fleurs et les oiseaux semble soudainement s'évaporer.
Écriture web et dystopie : comment le SEO a transformé les rédactions
Bienvenue dans la dystopie douce, celle du contenu web, où chaque phrase est pesée, chaque synonyme jaugé non pas pour son élégance, mais pour son potentiel de classement. L'écriture, cet art millénaire de la nuance et de l'émotion, s'est vue réduite à une simple data au service de l'algorithme-roi. Le futur anxiogène des romans n'est pas pour demain, il s'affiche déjà sur nos écrans, en H2 et balises méta.
Bienvenue dans le glitch permanent
Les voitures volantes, les villes sous-marines, la téléportation... Le futur était un blockbuster permanent. La réalité ? Un service client délocalisé, un scooter électrique sans batterie et un frigo connecté qui commande 12 kilos de moutarde. Le futur n'est pas terrifiant. Il est juste mal optimisé. Un bug perpétuel en guise de grande avancée.
L'ère du micro-entrepreneur
Le réveil sonne. Premier réflexe : checker les mails. Deuxième réflexe : checker Malt, Fiverr, Upwork. Troisième : checker Vinted pour voir si cette vieille sape a enfin trouvé preneur. Bienvenue en 2025, l’âge d’or du capitalisme de survie. Une époque formidable où l’on n’a plus un seul job, mais une mosaïque de micro-tâches rémunérées qui, mises bout à bout, permettent de payer le loyer. Peut-être. Si les astres et l’URSSAF sont alignés.
Chronique d’une jeunesse qui a raté la marche
Entre crises, écrans, politique zombie et nostalgie low-cost, retour sur le grand malentendu national : chacun croit que l’autre a détruit le pays. Et tout le monde a peut-être un peu raison.