Le retour du vinyle : quand le progrès fait marche arrière avec le sourire
Il fallait bien que ça arrive. Après les baskets moches, les films en 4/3 et les téléphones à clapet, le vinyle est revenu. Officiellement pour le son, officieusement pour Instagram, et surtout parce que notre époque adore confondre nostalgie et profondeur culturelle.
Le disque vinyle n’est plus un support musical. C’est devenu un accessoire moral. Posséder un vinyle aujourd’hui, ce n’est pas écouter de la musique : c’est faire une déclaration d’intentions. Dire au monde “je prends le temps”, tout en lançant Spotify sur son téléphone posé juste à côté de la platine.
La Formule 1 : ce sport où l’on applaudit surtout des tableaux Excel
La Formule 1 se présente comme le sommet du sport automobile. En réalité, c’est surtout le sommet mondial de l’optimisation logistique déguisée en spectacle, un endroit où vingt pilotes font semblant de se battre pendant que des ingénieurs, des algorithmes et des sponsors décident calmement de l’issue le jeudi soir.
Fitness, crossfit, yoga : quand le corps devient un projet personnel
Il fut un temps où le corps était surtout un héritage. Une donnée de départ, plus ou moins chanceuse, qu’on traînait toute une vie. Aujourd’hui, il est devenu un chantier. Un projet personnel à optimiser, documenter et améliorer. Fitness, crossfit, yoga : trois disciplines différentes, un même imaginaire. Celui d’un corps perfectible, jamais terminé.
Le sport est-il devenu la dernière religion acceptable ?
Dans une société officiellement sécularisée, il reste pourtant un rituel que presque personne n’ose critiquer. Une pratique valorisée, encouragée, prescrite. Une activité qui promet le salut, la rédemption et parfois même une forme de sens. Le sport.
À défaut de croire en Dieu, nous croyons en la sueur, au dépassement de soi et aux vertus quasi miraculeuses de l’effort physique. Et si le sport était devenu la dernière religion socialement acceptable ?
Courir pour oublier que tout va mal : petite sociologie du jogging urbain
À six heures du matin ou à la tombée de la nuit, ils sont partout. Sur les quais, dans les parcs, entre deux ronds-points mal dessinés. Le jogging urbain est devenu un paysage. Une silhouette en mouvement continu, casque vissé sur les oreilles, regard fixe, respiration contrôlée. Courir pour rester en forme, courir pour se vider la tête, courir pour oublier que tout va mal.
Mon patron est une IA : chronique d’un management sans visage
Et si le vrai power move du capitalisme moderne n’était plus le costard mal taillé du manager, mais une suite d’algorithmes qui ne dort jamais ? Dans de plus en plus d’entreprises, le supérieur hiérarchique n’a plus de bureau, plus de voix, parfois même plus de nom. Il s’appelle logiciel, plateforme, outil d’optimisation. Mon patron est une IA, et je ne sais même pas s’il me déteste.
Les aliments magiques : quand manger devient un acte de foi contemporaine
Ils promettent l’énergie éternelle, la concentration absolue, la longévité quasi biblique et parfois même la rédemption morale. Les aliments dits « magiques » ont envahi nos assiettes, nos fils Instagram et nos conversations vaguement anxieuses. Graines miracles, poudres exotiques, baies lointaines et légumes rebaptisés super-héros : manger n’est plus un besoin, c’est un projet existentiel.
Le développement personnel, cette arnaque à grande échelle
Le développement personnel est partout. Dans les librairies, les podcasts, les stories Instagram, les open spaces et jusque dans les discussions de machine à café. Il promet la sérénité, la réussite, l’alignement et parfois même le bonheur en dix étapes chronométrées. À première vue, rien de plus inoffensif qu’une injonction à aller mieux. Pourtant, derrière ses slogans bienveillants et ses couvertures pastel, le développement personnel ressemble de plus en plus à une arnaque à grande échelle, parfaitement intégrée au paysage culturel contemporain.
L’intelligence artificielle peut-elle nous rendre plus humains ? Réflexions sur un paradoxe technologique
L’intelligence artificielle fascine autant qu’elle inquiète. Elle écrit, compose, résume, anticipe. Elle reconnaît des visages, imite des styles, devine nos intentions avant même que nous ayons formulé une phrase complète. À mesure qu’elle progresse, une question étrange s’impose : et si cette technologie, souvent accusée de déshumaniser le monde, participait en réalité à nous rendre plus humains ?
Le dernier bastion de la créativité : comment faire semblant de bosser sans vraiment bosser
Il fut un temps où la créativité s’exprimait dans des ateliers enfumés, des chambres de bonne mal chauffées ou des open spaces bricolés à la va-vite. Aujourd’hui, elle a trouvé refuge ailleurs. Plus discret, plus subversif. Son dernier bastion ne se situe ni dans une start-up à Station F ni dans un tiers-lieu sponsorisé par une banque. Il se cache dans l’art délicat de faire semblant de bosser sans vraiment bosser.